<?xml version="1.0"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" xml:lang="fr">
	<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?action=history&amp;feed=atom&amp;title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci</id>
	<title>Traduction et traductibilité chez Gramsci - Historique des versions</title>
	<link rel="self" type="application/atom+xml" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?action=history&amp;feed=atom&amp;title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci"/>
	<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;action=history"/>
	<updated>2026-06-27T03:14:48Z</updated>
	<subtitle>Historique des versions pour cette page sur le wiki</subtitle>
	<generator>MediaWiki 1.33.0</generator>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=1112&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* « Philosophie classique allemande », politique française et économie anglaise */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=1112&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2024-02-13T10:04:53Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;« Philosophie classique allemande », politique française et économie anglaise&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 13 février 2024 à 10:04&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l35&quot; &gt;Ligne 35 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 35 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La notion de traduction est aussi pour Gramsci une manière de théoriser l’Internationale. Une  Internationale – c’est-à-dire une organisation qui regroupe tous les mouvements socialistes dans le monde avec pour perspective que tous ces mouvements deviennent des États dans leur propre nation, de façon à former, à terme, un État socialiste mondial – est à l'ordre du jour parce que les nations concernées sont toutes entrées, peu ou prou, dans un moment historique de leur développement où elles deviennent capitalistes et où la question se pose pour leurs populations de se libérer des chaînes capitalistes. Au-delà de leurs identités différentes, au-delà de leurs déterminations spécifiques, ces nations ont un agenda commun qui renvoie au développement du capitalisme et à la constitution, dans chacune d'elles, d’un prolétariat qui prend conscience de lui-même.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La notion de traduction est aussi pour Gramsci une manière de théoriser l’Internationale. Une  Internationale – c’est-à-dire une organisation qui regroupe tous les mouvements socialistes dans le monde avec pour perspective que tous ces mouvements deviennent des États dans leur propre nation, de façon à former, à terme, un État socialiste mondial – est à l'ordre du jour parce que les nations concernées sont toutes entrées, peu ou prou, dans un moment historique de leur développement où elles deviennent capitalistes et où la question se pose pour leurs populations de se libérer des chaînes capitalistes. Au-delà de leurs identités différentes, au-delà de leurs déterminations spécifiques, ces nations ont un agenda commun qui renvoie au développement du capitalisme et à la constitution, dans chacune d'elles, d’un prolétariat qui prend conscience de lui-même.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Les nations européennes, en particulier, ont en commun une « structure » économico-sociale. Ce « commun » se dégage au travers des différences considérables qu’il peut y avoir entre elles. La traduction intervient, ici, à un premier niveau : celui de l’expression de la structure dans chaque culture nationale, dans des langues différentes, dans des traditions littéraires et artistiques différentes, dans des systèmes administratifs, judiciaires, politiques différents, dans des traditions populaires différentes. Dans la conception marxiste classique, pour Gramsci, la « structure » est ''traduite'' dans les « superstructures » et, par là, la conception gramscienne des rapports entre structure et superstructure s’éloigne du schéma mécaniste et statique mis en oeuvre dans un certain marxisme « classique », par exemple dans le [[Gramsci et le ''Saggio popolare'' de Boukharine| « Traité » de]][https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Boukharine Boukharine]&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolaï Boukharine, ''La théorie du matérialisme historique. Manuel de sociologie populaire'', Moscou, 1921, édition en ligne « Les classiques des sciences sociales », UQAC, http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.bon.the&amp;lt;/ref&amp;gt; : la notion de traduction convertit le schéma marxiste classique dans la logique historique qui est celle, chez Gramsci, du [[Le langage comme paradigme |  paradigme néo-linguistique]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Les nations européennes, en particulier, ont en commun une « structure » économico-sociale. Ce « commun » se dégage au travers des différences considérables qu’il peut y avoir entre elles. La traduction intervient, ici, à un premier niveau : celui de l’expression de la structure dans chaque culture nationale, dans des langues différentes, dans des traditions littéraires et artistiques différentes, dans des systèmes administratifs, judiciaires, politiques différents, dans des traditions populaires différentes. Dans la conception marxiste classique, pour Gramsci, la « structure » est ''traduite'' dans les « superstructures » et, par là, la conception gramscienne des rapports entre structure et superstructure s’éloigne du schéma mécaniste et statique mis en oeuvre dans un certain marxisme « classique », par exemple dans le [[Gramsci et le ''Saggio popolare'' de Boukharine| « Traité » de]][https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Boukharine Boukharine] &amp;lt;ref&amp;gt;Nicolaï Boukharine, ''La théorie du matérialisme historique. Manuel de sociologie populaire'', Moscou, 1921, édition en ligne « Les classiques des sciences sociales », UQAC, http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.bon.the&amp;lt;/ref&amp;gt; : la notion de traduction convertit le schéma marxiste classique dans la logique historique qui est celle, chez Gramsci, du [[Le langage comme paradigme |  paradigme néo-linguistique]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction intervient donc aussi à un second niveau : celui, pour continuer à utiliser la terminologie marxiste classique, des « superstructures » entre elles, à travers les éléments culturels dans lesquels ont été traduites les formations économico-sociales. Il y a ainsi une « structure » propre à l’Europe occidentale, au 18e et 19e siècle, qui fait que la philosophie classique allemande, la politique française, l’économie anglaise sont des expressions diverses de quelque chose de commun. Gramsci, ici, fait référence aux textes des « théoriciens de la philosophie de la praxis », et tout particulièrement à ''La Sainte famille'', laquelle faisait elle-même écho aux remarques de Hegel dans ses ''Leçons d’histoire de la philosophie''. Marx met en parallèle, dans ''La Sainte famille'', le concept théorique, abstrait, spéculatif, de la « conscience de soi infinie » dans la philosophie allemande avec le concept pratique, politique, d’« égalité » dans la réflexion politique française. Les deux concepts renvoient, en effet, à la représentation de soi que l’homme, en tant que sujet philosophique et en tant qu'acteur social, construit à travers la relation sociale, et qui est à la fois relation sociale et pensée de la relations sociale : « L’égalité, écrit Marx, est l’expression française pour traduire l’unité essentielle de l’être humain, la conscience générique et le comportement générique de l’homme, l’identité pratique de l’homme avec l’homme » &amp;lt;ref&amp;gt;« Dans les premières leçons d’histoire de la philosophie, Hegel dit que “la philosophie de Kant, de Fichte et de Schelling contient, sous forme de pensée, la révolution“, vers laquelle l’esprit a progressé dans les derniers temps en Allemagne, c’est-à-dire dans une grande époque de l’histoire universelle, à laquelle “seuls deux peuples ont pris part, les Allemands et les Français, pour opposés qu’ils soient entre eux, mieux précisément parce qu’ils sont opposés“ ; de sorte que, là où le nouveau principe en Allemagne “a fait irruption comme esprit et comme concept“, il s’est, en France, au contraire développé comme réalité effective“... » (''Cahiers 11'', § 49).&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction intervient donc aussi à un second niveau : celui, pour continuer à utiliser la terminologie marxiste classique, des « superstructures » entre elles, à travers les éléments culturels dans lesquels ont été traduites les formations économico-sociales. Il y a ainsi une « structure » propre à l’Europe occidentale, au 18e et 19e siècle, qui fait que la philosophie classique allemande, la politique française, l’économie anglaise sont des expressions diverses de quelque chose de commun. Gramsci, ici, fait référence aux textes des « théoriciens de la philosophie de la praxis », et tout particulièrement à ''La Sainte famille'', laquelle faisait elle-même écho aux remarques de Hegel dans ses ''Leçons d’histoire de la philosophie''. Marx met en parallèle, dans ''La Sainte famille'', le concept théorique, abstrait, spéculatif, de la « conscience de soi infinie » dans la philosophie allemande avec le concept pratique, politique, d’« égalité » dans la réflexion politique française. Les deux concepts renvoient, en effet, à la représentation de soi que l’homme, en tant que sujet philosophique et en tant qu'acteur social, construit à travers la relation sociale, et qui est à la fois relation sociale et pensée de la relations sociale : « L’égalité, écrit Marx, est l’expression française pour traduire l’unité essentielle de l’être humain, la conscience générique et le comportement générique de l’homme, l’identité pratique de l’homme avec l’homme » &amp;lt;ref&amp;gt;« Dans les premières leçons d’histoire de la philosophie, Hegel dit que “la philosophie de Kant, de Fichte et de Schelling contient, sous forme de pensée, la révolution“, vers laquelle l’esprit a progressé dans les derniers temps en Allemagne, c’est-à-dire dans une grande époque de l’histoire universelle, à laquelle “seuls deux peuples ont pris part, les Allemands et les Français, pour opposés qu’ils soient entre eux, mieux précisément parce qu’ils sont opposés“ ; de sorte que, là où le nouveau principe en Allemagne “a fait irruption comme esprit et comme concept“, il s’est, en France, au contraire développé comme réalité effective“... » (''Cahiers 11'', § 49).&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=1111&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* « Philosophie classique allemande », politique française et économie anglaise */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=1111&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2024-02-13T10:04:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;« Philosophie classique allemande », politique française et économie anglaise&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 13 février 2024 à 10:04&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l35&quot; &gt;Ligne 35 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 35 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La notion de traduction est aussi pour Gramsci une manière de théoriser l’Internationale. Une  Internationale – c’est-à-dire une organisation qui regroupe tous les mouvements socialistes dans le monde avec pour perspective que tous ces mouvements deviennent des États dans leur propre nation, de façon à former, à terme, un État socialiste mondial – est à l'ordre du jour parce que les nations concernées sont toutes entrées, peu ou prou, dans un moment historique de leur développement où elles deviennent capitalistes et où la question se pose pour leurs populations de se libérer des chaînes capitalistes. Au-delà de leurs identités différentes, au-delà de leurs déterminations spécifiques, ces nations ont un agenda commun qui renvoie au développement du capitalisme et à la constitution, dans chacune d'elles, d’un prolétariat qui prend conscience de lui-même.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La notion de traduction est aussi pour Gramsci une manière de théoriser l’Internationale. Une  Internationale – c’est-à-dire une organisation qui regroupe tous les mouvements socialistes dans le monde avec pour perspective que tous ces mouvements deviennent des États dans leur propre nation, de façon à former, à terme, un État socialiste mondial – est à l'ordre du jour parce que les nations concernées sont toutes entrées, peu ou prou, dans un moment historique de leur développement où elles deviennent capitalistes et où la question se pose pour leurs populations de se libérer des chaînes capitalistes. Au-delà de leurs identités différentes, au-delà de leurs déterminations spécifiques, ces nations ont un agenda commun qui renvoie au développement du capitalisme et à la constitution, dans chacune d'elles, d’un prolétariat qui prend conscience de lui-même.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Les nations européennes, en particulier, ont en commun une « structure » économico-sociale. Ce « commun » se dégage au travers des différences considérables qu’il peut y avoir entre elles. La traduction intervient, ici, à un premier niveau : celui de l’expression de la structure dans chaque culture nationale, dans des langues différentes, dans des traditions littéraires et artistiques différentes, dans des systèmes administratifs, judiciaires, politiques différents, dans des traditions populaires différentes. Dans la conception marxiste classique, pour Gramsci, la « structure » est ''traduite'' dans les « superstructures » et, par là, la conception gramscienne des rapports entre structure et superstructure s’éloigne du schéma mécaniste et statique mis en oeuvre dans un certain marxisme « classique », par exemple dans le [&lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;http://classiques.uqac.ca/classiques/Boukharine_N/boukharine.html &lt;/del&gt;« Traité » de][https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Boukharine Boukharine] : la notion de traduction convertit le schéma marxiste classique dans la logique historique qui est celle, chez Gramsci, du [[Le langage comme paradigme |  paradigme néo-linguistique]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Les nations européennes, en particulier, ont en commun une « structure » économico-sociale. Ce « commun » se dégage au travers des différences considérables qu’il peut y avoir entre elles. La traduction intervient, ici, à un premier niveau : celui de l’expression de la structure dans chaque culture nationale, dans des langues différentes, dans des traditions littéraires et artistiques différentes, dans des systèmes administratifs, judiciaires, politiques différents, dans des traditions populaires différentes. Dans la conception marxiste classique, pour Gramsci, la « structure » est ''traduite'' dans les « superstructures » et, par là, la conception gramscienne des rapports entre structure et superstructure s’éloigne du schéma mécaniste et statique mis en oeuvre dans un certain marxisme « classique », par exemple dans le [&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;[Gramsci et le ''Saggio popolare'' de Boukharine| &lt;/ins&gt;« Traité » de&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;]&lt;/ins&gt;][https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Boukharine Boukharine]&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolaï Boukharine, ''La théorie du matérialisme historique. Manuel de sociologie populaire'', Moscou, 1921, édition en ligne « Les classiques des sciences sociales », UQAC, http://dx.doi.org/doi:10.1522/cla.bon.the&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;/ins&gt; : la notion de traduction convertit le schéma marxiste classique dans la logique historique qui est celle, chez Gramsci, du [[Le langage comme paradigme |  paradigme néo-linguistique]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction intervient donc aussi à un second niveau : celui, pour continuer à utiliser la terminologie marxiste classique, des « superstructures » entre elles, à travers les éléments culturels dans lesquels ont été traduites les formations économico-sociales. Il y a ainsi une « structure » propre à l’Europe occidentale, au 18e et 19e siècle, qui fait que la philosophie classique allemande, la politique française, l’économie anglaise sont des expressions diverses de quelque chose de commun. Gramsci, ici, fait référence aux textes des « théoriciens de la philosophie de la praxis », et tout particulièrement à ''La Sainte famille'', laquelle faisait elle-même écho aux remarques de Hegel dans ses ''Leçons d’histoire de la philosophie''. Marx met en parallèle, dans ''La Sainte famille'', le concept théorique, abstrait, spéculatif, de la « conscience de soi infinie » dans la philosophie allemande avec le concept pratique, politique, d’« égalité » dans la réflexion politique française. Les deux concepts renvoient, en effet, à la représentation de soi que l’homme, en tant que sujet philosophique et en tant qu'acteur social, construit à travers la relation sociale, et qui est à la fois relation sociale et pensée de la relations sociale : « L’égalité, écrit Marx, est l’expression française pour traduire l’unité essentielle de l’être humain, la conscience générique et le comportement générique de l’homme, l’identité pratique de l’homme avec l’homme » &amp;lt;ref&amp;gt;« Dans les premières leçons d’histoire de la philosophie, Hegel dit que “la philosophie de Kant, de Fichte et de Schelling contient, sous forme de pensée, la révolution“, vers laquelle l’esprit a progressé dans les derniers temps en Allemagne, c’est-à-dire dans une grande époque de l’histoire universelle, à laquelle “seuls deux peuples ont pris part, les Allemands et les Français, pour opposés qu’ils soient entre eux, mieux précisément parce qu’ils sont opposés“ ; de sorte que, là où le nouveau principe en Allemagne “a fait irruption comme esprit et comme concept“, il s’est, en France, au contraire développé comme réalité effective“... » (''Cahiers 11'', § 49).&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction intervient donc aussi à un second niveau : celui, pour continuer à utiliser la terminologie marxiste classique, des « superstructures » entre elles, à travers les éléments culturels dans lesquels ont été traduites les formations économico-sociales. Il y a ainsi une « structure » propre à l’Europe occidentale, au 18e et 19e siècle, qui fait que la philosophie classique allemande, la politique française, l’économie anglaise sont des expressions diverses de quelque chose de commun. Gramsci, ici, fait référence aux textes des « théoriciens de la philosophie de la praxis », et tout particulièrement à ''La Sainte famille'', laquelle faisait elle-même écho aux remarques de Hegel dans ses ''Leçons d’histoire de la philosophie''. Marx met en parallèle, dans ''La Sainte famille'', le concept théorique, abstrait, spéculatif, de la « conscience de soi infinie » dans la philosophie allemande avec le concept pratique, politique, d’« égalité » dans la réflexion politique française. Les deux concepts renvoient, en effet, à la représentation de soi que l’homme, en tant que sujet philosophique et en tant qu'acteur social, construit à travers la relation sociale, et qui est à la fois relation sociale et pensée de la relations sociale : « L’égalité, écrit Marx, est l’expression française pour traduire l’unité essentielle de l’être humain, la conscience générique et le comportement générique de l’homme, l’identité pratique de l’homme avec l’homme » &amp;lt;ref&amp;gt;« Dans les premières leçons d’histoire de la philosophie, Hegel dit que “la philosophie de Kant, de Fichte et de Schelling contient, sous forme de pensée, la révolution“, vers laquelle l’esprit a progressé dans les derniers temps en Allemagne, c’est-à-dire dans une grande époque de l’histoire universelle, à laquelle “seuls deux peuples ont pris part, les Allemands et les Français, pour opposés qu’ils soient entre eux, mieux précisément parce qu’ils sont opposés“ ; de sorte que, là où le nouveau principe en Allemagne “a fait irruption comme esprit et comme concept“, il s’est, en France, au contraire développé comme réalité effective“... » (''Cahiers 11'', § 49).&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=977&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* La philosophie de la praxis comme unique réceptacle de la traductibilité */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=977&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2023-01-17T10:40:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;La philosophie de la praxis comme unique réceptacle de la traductibilité&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 17 janvier 2023 à 10:40&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l83&quot; &gt;Ligne 83 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 83 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Selon [[L’historicisme de Gramsci | « l'historicisme absolu »]] que Gramsci revendique comme sien, Hegel a établi les fondements théoriques de la notion de « traductibilité » en affirmant l’unité de la philosophie et de l’histoire, laquelle constitue l’histoire même comme procès, mais ce n’est qu’en ajoutant la politique à la philosophie et à l’histoire que leur unité devient, non plus seulement concept, mais pratique, procès historique, bref, ''praxis''. La traductibilité spéculative de Hegel a ainsi été traduite par Marx en matérialisme historique, premier moment de la philosophie de la praxis. Ce qui, dès lors, apparaît comme traduisible, ce sont les phases du mouvement global qui porte, dans des conditions déterminées diverses, et selon des temporalités diverses, des « blocs historique » divers, depuis des civilisations de type ancien régime, jusqu’à la civilisation industrielle capitaliste bourgeoise ; ce sont les éléments constituant ces phases éventuellement décalées les unes par rapport aux autres qui sont traduisibles entre eux et ''seule'' la philosophie de la praxis, qui n’est pas une philosophie comme les autres, qui est davantage qu’une philosophie, qui n’est pas la conception du monde d’un philosophe illustre, mais celle d’une classe au rôle universel, rend compte de cette traductibilité, car telle est précisément la ''praxis'' : l’unification concrète des peuples, non par l’annulation de leurs différences, mais par la construction commune de ce qu’ils partagent.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Selon [[L’historicisme de Gramsci | « l'historicisme absolu »]] que Gramsci revendique comme sien, Hegel a établi les fondements théoriques de la notion de « traductibilité » en affirmant l’unité de la philosophie et de l’histoire, laquelle constitue l’histoire même comme procès, mais ce n’est qu’en ajoutant la politique à la philosophie et à l’histoire que leur unité devient, non plus seulement concept, mais pratique, procès historique, bref, ''praxis''. La traductibilité spéculative de Hegel a ainsi été traduite par Marx en matérialisme historique, premier moment de la philosophie de la praxis. Ce qui, dès lors, apparaît comme traduisible, ce sont les phases du mouvement global qui porte, dans des conditions déterminées diverses, et selon des temporalités diverses, des « blocs historique » divers, depuis des civilisations de type ancien régime, jusqu’à la civilisation industrielle capitaliste bourgeoise ; ce sont les éléments constituant ces phases éventuellement décalées les unes par rapport aux autres qui sont traduisibles entre eux et ''seule'' la philosophie de la praxis, qui n’est pas une philosophie comme les autres, qui est davantage qu’une philosophie, qui n’est pas la conception du monde d’un philosophe illustre, mais celle d’une classe au rôle universel, rend compte de cette traductibilité, car telle est précisément la ''praxis'' : l’unification concrète des peuples, non par l’annulation de leurs différences, mais par la construction commune de ce qu’ils partagent.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Pour les Italiens, précise Gramsci, la compréhension et la mise en œuvre de cette « traductibilité » passe par le rapport à la philosophie de Benedetto Croce : « Il faut que l’héritage de la philosophie classique allemande soit non seulement inventorié, mais qu’on le fasse redevenir vie opérante, et pour cela, il faut prendre en compte la philosophie de Croce, c’est-à-dire que, pour nous italiens, être les héritiers de la philosophie classique allemande signifie être héritiers de la philosophie crocienne, qui représente le moment mondial actuel de la philosophie classique allemande. »&amp;lt;ref&amp;gt;''Cahier 10'', § 11&amp;lt;/ref&amp;gt;. Marx avait, certes, traduit le spéculatif hégélien en « historicisme réaliste“, donnant naissance ainsi à la première philosophie de la praxis, c’est-à-dire à une « conception du monde » qui est plus qu’une philosophie, qui est aussi une pratique, une transformation du monde. Cette conception du monde, cependant, dans son procès historique même, s’est « vulgarisée » et, par là asséchée, transformée en une sorte de « langue universelle » artificielle, en une méthode séparée de son terrain d’application, en une pure technique. Croce l’a retraduite en « langage spéculatif » : « comme la philosophie de la praxis a été la traduction de l’hégélianisme en langage historiciste, de même la philosophie de Croce est, dans une mesure tout-à-fait remarquable, une retraduction en langage spéculatif de l’historicisme réaliste de la philosophie de la praxis. » &amp;lt;ref&amp;gt;&lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;Ibid&lt;/del&gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C’est ainsi que la philosophie crocienne peut devenir « la prémisse d’une reprise de la philosophie de la praxis […] Il faut refaire pour la conception philosophique de Croce la même réduction que les premiers théoriciens de la philosophie de la praxis ont faite pour la conception hégélienne ». En d’autres termes, le renversement de la philosophie hégélienne qui avait été accompli par Marx, a été annulé par Croce par un renversement contraire, rendant par là même nécessaire - et possible - un nouveau renversement, une nouvelle remise sur ses pieds de la dialectique hégélienne. Or, la notion de traduction rend compte de ce double mouvement d’une manière bien plus souple et précise que la métaphore classique du renversement : Marx a « traduit » l’historicisme spéculatif de Hegel en historicisme réaliste, c’est-à-dire en philosophie de la praxis ; mais une traduction peut s’effectuer dans les deux sens et l’historicisme réaliste de Marx, après avoir épuisé sa force de poussée historique, a été retraduit par Croce en langage spéculatif. La tâche devant laquelle se trouve « nos générations », comme dit Gramsci, est de traduire à nouveau l’historicisme spéculatif crocien en philosophie de la praxis, « pour la solution des devoirs les plus complexes que le déroulement actuel de la lutte propose, c’est-à-dire la création d’une nouvelle culture intégrale, qui ait les caractères de masse de la Réforme protestante et des Lumières françaises et qui ait les caractères classiques de la culture grecque et de la Renaissance italienne, une culture qui, pour reprendre les mots de Carducci, synthétise Maximilien Robespierre et Emmanuel Kant, la politique et la philosophie dans une unité dialectique intrinsèque à un groupe social non seulement français ou allemand, mais européen et mondial » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Pour les Italiens, précise Gramsci, la compréhension et la mise en œuvre de cette « traductibilité » passe par le rapport à la philosophie de Benedetto Croce : « Il faut que l’héritage de la philosophie classique allemande soit non seulement inventorié, mais qu’on le fasse redevenir vie opérante, et pour cela, il faut prendre en compte la philosophie de Croce, c’est-à-dire que, pour nous italiens, être les héritiers de la philosophie classique allemande signifie être héritiers de la philosophie crocienne, qui représente le moment mondial actuel de la philosophie classique allemande. »&amp;lt;ref&amp;gt;''Cahier 10'', § 11&amp;lt;/ref&amp;gt;. Marx avait, certes, traduit le spéculatif hégélien en « historicisme réaliste“, donnant naissance ainsi à la première philosophie de la praxis, c’est-à-dire à une « conception du monde » qui est plus qu’une philosophie, qui est aussi une pratique, une transformation du monde. Cette conception du monde, cependant, dans son procès historique même, s’est « vulgarisée » et, par là asséchée, transformée en une sorte de « langue universelle » artificielle, en une méthode séparée de son terrain d’application, en une pure technique. Croce l’a retraduite en « langage spéculatif » : « comme la philosophie de la praxis a été la traduction de l’hégélianisme en langage historiciste, de même la philosophie de Croce est, dans une mesure tout-à-fait remarquable, une retraduction en langage spéculatif de l’historicisme réaliste de la philosophie de la praxis. » &amp;lt;ref&amp;gt;&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;''Cahier 10'', § 31&lt;/ins&gt;.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C’est ainsi que la philosophie crocienne peut devenir « la prémisse d’une reprise de la philosophie de la praxis […] Il faut refaire pour la conception philosophique de Croce la même réduction que les premiers théoriciens de la philosophie de la praxis ont faite pour la conception hégélienne ». En d’autres termes, le renversement de la philosophie hégélienne qui avait été accompli par Marx, a été annulé par Croce par un renversement contraire, rendant par là même nécessaire - et possible - un nouveau renversement, une nouvelle remise sur ses pieds de la dialectique hégélienne. Or, la notion de traduction rend compte de ce double mouvement d’une manière bien plus souple et précise que la métaphore classique du renversement : Marx a « traduit » l’historicisme spéculatif de Hegel en historicisme réaliste, c’est-à-dire en philosophie de la praxis ; mais une traduction peut s’effectuer dans les deux sens et l’historicisme réaliste de Marx, après avoir épuisé sa force de poussée historique, a été retraduit par Croce en langage spéculatif. La tâche devant laquelle se trouve « nos générations », comme dit Gramsci, est de traduire à nouveau l’historicisme spéculatif crocien en philosophie de la praxis, « pour la solution des devoirs les plus complexes que le déroulement actuel de la lutte propose, c’est-à-dire la création d’une nouvelle culture intégrale, qui ait les caractères de masse de la Réforme protestante et des Lumières françaises et qui ait les caractères classiques de la culture grecque et de la Renaissance italienne, une culture qui, pour reprendre les mots de Carducci, synthétise Maximilien Robespierre et Emmanuel Kant, la politique et la philosophie dans une unité dialectique intrinsèque à un groupe social non seulement français ou allemand, mais européen et mondial » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=976&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango le 9 janvier 2023 à 10:21</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=976&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2023-01-09T10:21:12Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 9 janvier 2023 à 10:21&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l51&quot; &gt;Ligne 51 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 51 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Cette proximité entre les mouvements de « traduction » qui constituent le procès historique de ces formations sociales, ce que Gramsci appellera dans les ''Cahiers'' des « blocs historiques », est au principe des « traductions » effectives et possibles entre les formes spécifiques que prennent ces blocs historiques, depuis les échos entre formes artistiques ou littéraires, par exemple, jusqu’à la traduction dans son sens habituel, c’est-à-dire linguistique, en passant par la traduction entre concepts, comme l’exemple de la « conscience de soi allemande » et de « l’égalité française » le montrent.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Cette proximité entre les mouvements de « traduction » qui constituent le procès historique de ces formations sociales, ce que Gramsci appellera dans les ''Cahiers'' des « blocs historiques », est au principe des « traductions » effectives et possibles entre les formes spécifiques que prennent ces blocs historiques, depuis les échos entre formes artistiques ou littéraires, par exemple, jusqu’à la traduction dans son sens habituel, c’est-à-dire linguistique, en passant par la traduction entre concepts, comme l’exemple de la « conscience de soi allemande » et de « l’égalité française » le montrent.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Cette proximité, enfin, est elle-même un ''processus'', de sorte que les éléments qui la composent peuvent être décalés dans le temps les uns par rapport aux autres : le moment du développement historique structurel auquel se trouve un bloc historique peut être celui d’une phase précédente de l’histoire d’un autre bloc - la France et l’Angleterre sont ainsi des nations déjà anciennes quand l’Allemagne ne l’est pas encore, n’a pas encore, autrement dit, traduit sous la forme politique, administrative, juridique de la nation, le mouvement profond de sa structure économico-sociale. La traduction, dans sa plus grande portée, n’en est pas moins possible : la nation plus « avancée » dans une forme déterminée peut comprendre celle qui en est à l’étape qu’elle a elle-même connue auparavant, et la nation moins avancée est à même, elle aussi, de comprendre, à travers ce qu’elle apprend de la nation plus avancée, quel peut être son propre futur.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Cette proximité, enfin, est elle-même un ''processus'', de sorte que les éléments qui la composent peuvent être décalés dans le temps les uns par rapport aux autres : le moment du développement historique structurel auquel se trouve un &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;[[Structure, superstructures, « &lt;/ins&gt;bloc historique &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;»|bloc historique]] &lt;/ins&gt;peut être celui d’une phase précédente de l’histoire d’un autre bloc - la France et l’Angleterre sont ainsi des nations déjà anciennes quand l’Allemagne ne l’est pas encore, n’a pas encore, autrement dit, traduit sous la forme politique, administrative, juridique de la nation, le mouvement profond de sa structure économico-sociale. La traduction, dans sa plus grande portée, n’en est pas moins possible : la nation plus « avancée » dans une forme déterminée peut comprendre celle qui en est à l’étape qu’elle a elle-même connue auparavant, et la nation moins avancée est à même, elle aussi, de comprendre, à travers ce qu’elle apprend de la nation plus avancée, quel peut être son propre futur.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Ainsi s'éclaire le statut du « commun » qui est la condition de possibilité de l’acte de traduction : ce que partagent le « texte source » et le « texte cible », ce que partagent « l’expérience russe » et l’expérience italienne qu’il s’agit de faire advenir, n’a pas d’existence ''en soi'', n'existe pas de manière autonome, hors du partage même ; le « commun », ici, est ''construit ensemble'' par la « source » et par la « cible », par l’auteur « source » et ses lecteurs, par le traducteur « cible » et ses lecteurs, par les masses populaires russes et les masses populaires italiennes. La traduction apparaît ainsi, plus globalement, comme au fondement de la ''praxis''.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Ainsi s'éclaire le statut du « commun » qui est la condition de possibilité de l’acte de traduction : ce que partagent le « texte source » et le « texte cible », ce que partagent « l’expérience russe » et l’expérience italienne qu’il s’agit de faire advenir, n’a pas d’existence ''en soi'', n'existe pas de manière autonome, hors du partage même ; le « commun », ici, est ''construit ensemble'' par la « source » et par la « cible », par l’auteur « source » et ses lecteurs, par le traducteur « cible » et ses lecteurs, par les masses populaires russes et les masses populaires italiennes. La traduction apparaît ainsi, plus globalement, comme au fondement de la ''praxis''.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=941&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango le 4 décembre 2022 à 13:31</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=941&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2022-12-04T13:31:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 4 décembre 2022 à 13:31&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l1&quot; &gt;Ligne 1 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 1 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[http://gramscipedia.org/index.php&lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;?title=Sp%C3%A9cial:Toutes_les_pages Voir l'ensemble des pages&lt;/del&gt;]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[http://gramscipedia.org/index.php&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;/Sommaire Retour au sommaire&lt;/ins&gt;]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;C’est au tournant du siècle que le caractère central de la question de la traduction dans la pensée de Gramsci a commencé à être étudié sérieusement, notamment par des auteurs tels que Derek Boothman&amp;lt;ref&amp;gt;Derek Boothman, ''Traducibilità e processi traduttivi: un caso: A. Gramsci linguista'', (Perugia: Guerra, 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, Fabio Frosini&amp;lt;ref&amp;gt;Fabio Frosini, &amp;quot;Traducibilità Dei Linguaggi e Unità Di Teoria e Pratica Nei ''Quaderni Del Carcere'' Di Antonio Gramsci&amp;quot;, Relazione Al Convegno &amp;quot;Crisi e Critica della modernità in Antonio Gramsci&amp;quot; (Brescia, 21 Marzo 2015),  &amp;lt;https://www.academia.edu/38055269/Fabio_Frosini_Traducibilit%C3%A0_dei_linguaggi_e_unit%C3%A0_di_teoria_e_pratica_nei_Quaderni_del_carcere_di_Antonio_Gramsci_Relazione_al_convegno_CRISI_E_CRITICA_DELLA_MODERNIT%C3%80_IN_ANTONIO_GRAMSCI_Brescia_21_marzo_2015_&amp;gt;, &amp;quot;Sulla «traducibilità» Nei ''Quaderni'' Di Gramsci, ''Critica Marxista'', N.S., 2003, 6, Pp. 29-38.’, &amp;lt;https://www.academia.edu/440521/F_Frosini_Sulla_traducibilit%C3%A0_nei_Quaderni_di_Gramsci_Critica_marxista_N_S_2003_6_pp_29_38&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; ou, en France, plus récemment, Romain Descendre et Jean-Paul Zancarini&amp;lt;ref&amp;gt;Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini. « De la traduction à la traductibilité : un outil d’émancipation théorique ». Laboratoire italien. Politique et société, nᵒ 18, novembre 2016. journals.openedition.org, doi:10.4000/laboratoireitalien.1065.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces travaux s’inscrivaient dans la lignée de ceux consacrés à la question du langage chez Gramsci, dont l’importance avait été mise en évidence en 1979 par [[Gramsci linguiste | Lo Piparo]]&amp;lt;ref&amp;gt;Franco Lo Piparo, ''Lingua intellettuali egemonia in Gramsci''. Roma, 1979&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;C’est au tournant du siècle que le caractère central de la question de la traduction dans la pensée de Gramsci a commencé à être étudié sérieusement, notamment par des auteurs tels que Derek Boothman&amp;lt;ref&amp;gt;Derek Boothman, ''Traducibilità e processi traduttivi: un caso: A. Gramsci linguista'', (Perugia: Guerra, 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, Fabio Frosini&amp;lt;ref&amp;gt;Fabio Frosini, &amp;quot;Traducibilità Dei Linguaggi e Unità Di Teoria e Pratica Nei ''Quaderni Del Carcere'' Di Antonio Gramsci&amp;quot;, Relazione Al Convegno &amp;quot;Crisi e Critica della modernità in Antonio Gramsci&amp;quot; (Brescia, 21 Marzo 2015),  &amp;lt;https://www.academia.edu/38055269/Fabio_Frosini_Traducibilit%C3%A0_dei_linguaggi_e_unit%C3%A0_di_teoria_e_pratica_nei_Quaderni_del_carcere_di_Antonio_Gramsci_Relazione_al_convegno_CRISI_E_CRITICA_DELLA_MODERNIT%C3%80_IN_ANTONIO_GRAMSCI_Brescia_21_marzo_2015_&amp;gt;, &amp;quot;Sulla «traducibilità» Nei ''Quaderni'' Di Gramsci, ''Critica Marxista'', N.S., 2003, 6, Pp. 29-38.’, &amp;lt;https://www.academia.edu/440521/F_Frosini_Sulla_traducibilit%C3%A0_nei_Quaderni_di_Gramsci_Critica_marxista_N_S_2003_6_pp_29_38&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; ou, en France, plus récemment, Romain Descendre et Jean-Paul Zancarini&amp;lt;ref&amp;gt;Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini. « De la traduction à la traductibilité : un outil d’émancipation théorique ». Laboratoire italien. Politique et société, nᵒ 18, novembre 2016. journals.openedition.org, doi:10.4000/laboratoireitalien.1065.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces travaux s’inscrivaient dans la lignée de ceux consacrés à la question du langage chez Gramsci, dont l’importance avait été mise en évidence en 1979 par [[Gramsci linguiste | Lo Piparo]]&amp;lt;ref&amp;gt;Franco Lo Piparo, ''Lingua intellettuali egemonia in Gramsci''. Roma, 1979&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=708&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango le 11 janvier 2021 à 16:45</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=708&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2021-01-11T16:45:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 11 janvier 2021 à 16:45&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l1&quot; &gt;Ligne 1 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 1 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot;&gt; &lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;ins style=&quot;font-weight: bold; text-decoration: none;&quot;&gt;[http://gramscipedia.org/index.php?title=Sp%C3%A9cial:Toutes_les_pages Voir l'ensemble des pages]&lt;/ins&gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot;&gt; &lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;&lt;ins style=&quot;font-weight: bold; text-decoration: none;&quot;&gt;&lt;/ins&gt;&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;C’est au tournant du siècle que le caractère central de la question de la traduction dans la pensée de Gramsci a commencé à être étudié sérieusement, notamment par des auteurs tels que Derek Boothman&amp;lt;ref&amp;gt;Derek Boothman, ''Traducibilità e processi traduttivi: un caso: A. Gramsci linguista'', (Perugia: Guerra, 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, Fabio Frosini&amp;lt;ref&amp;gt;Fabio Frosini, &amp;quot;Traducibilità Dei Linguaggi e Unità Di Teoria e Pratica Nei ''Quaderni Del Carcere'' Di Antonio Gramsci&amp;quot;, Relazione Al Convegno &amp;quot;Crisi e Critica della modernità in Antonio Gramsci&amp;quot; (Brescia, 21 Marzo 2015),  &amp;lt;https://www.academia.edu/38055269/Fabio_Frosini_Traducibilit%C3%A0_dei_linguaggi_e_unit%C3%A0_di_teoria_e_pratica_nei_Quaderni_del_carcere_di_Antonio_Gramsci_Relazione_al_convegno_CRISI_E_CRITICA_DELLA_MODERNIT%C3%80_IN_ANTONIO_GRAMSCI_Brescia_21_marzo_2015_&amp;gt;, &amp;quot;Sulla «traducibilità» Nei ''Quaderni'' Di Gramsci, ''Critica Marxista'', N.S., 2003, 6, Pp. 29-38.’, &amp;lt;https://www.academia.edu/440521/F_Frosini_Sulla_traducibilit%C3%A0_nei_Quaderni_di_Gramsci_Critica_marxista_N_S_2003_6_pp_29_38&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; ou, en France, plus récemment, Romain Descendre et Jean-Paul Zancarini&amp;lt;ref&amp;gt;Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini. « De la traduction à la traductibilité : un outil d’émancipation théorique ». Laboratoire italien. Politique et société, nᵒ 18, novembre 2016. journals.openedition.org, doi:10.4000/laboratoireitalien.1065.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces travaux s’inscrivaient dans la lignée de ceux consacrés à la question du langage chez Gramsci, dont l’importance avait été mise en évidence en 1979 par [[Gramsci linguiste | Lo Piparo]]&amp;lt;ref&amp;gt;Franco Lo Piparo, ''Lingua intellettuali egemonia in Gramsci''. Roma, 1979&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;C’est au tournant du siècle que le caractère central de la question de la traduction dans la pensée de Gramsci a commencé à être étudié sérieusement, notamment par des auteurs tels que Derek Boothman&amp;lt;ref&amp;gt;Derek Boothman, ''Traducibilità e processi traduttivi: un caso: A. Gramsci linguista'', (Perugia: Guerra, 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, Fabio Frosini&amp;lt;ref&amp;gt;Fabio Frosini, &amp;quot;Traducibilità Dei Linguaggi e Unità Di Teoria e Pratica Nei ''Quaderni Del Carcere'' Di Antonio Gramsci&amp;quot;, Relazione Al Convegno &amp;quot;Crisi e Critica della modernità in Antonio Gramsci&amp;quot; (Brescia, 21 Marzo 2015),  &amp;lt;https://www.academia.edu/38055269/Fabio_Frosini_Traducibilit%C3%A0_dei_linguaggi_e_unit%C3%A0_di_teoria_e_pratica_nei_Quaderni_del_carcere_di_Antonio_Gramsci_Relazione_al_convegno_CRISI_E_CRITICA_DELLA_MODERNIT%C3%80_IN_ANTONIO_GRAMSCI_Brescia_21_marzo_2015_&amp;gt;, &amp;quot;Sulla «traducibilità» Nei ''Quaderni'' Di Gramsci, ''Critica Marxista'', N.S., 2003, 6, Pp. 29-38.’, &amp;lt;https://www.academia.edu/440521/F_Frosini_Sulla_traducibilit%C3%A0_nei_Quaderni_di_Gramsci_Critica_marxista_N_S_2003_6_pp_29_38&amp;gt;&amp;lt;/ref&amp;gt; ou, en France, plus récemment, Romain Descendre et Jean-Paul Zancarini&amp;lt;ref&amp;gt;Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini. « De la traduction à la traductibilité : un outil d’émancipation théorique ». Laboratoire italien. Politique et société, nᵒ 18, novembre 2016. journals.openedition.org, doi:10.4000/laboratoireitalien.1065.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces travaux s’inscrivaient dans la lignée de ceux consacrés à la question du langage chez Gramsci, dont l’importance avait été mise en évidence en 1979 par [[Gramsci linguiste | Lo Piparo]]&amp;lt;ref&amp;gt;Franco Lo Piparo, ''Lingua intellettuali egemonia in Gramsci''. Roma, 1979&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Multilinguisme et pratique de la traduction ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Multilinguisme et pratique de la traduction ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=707&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* Le parallèle avec Walter Benjamin */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=707&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2021-01-01T13:42:06Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;Le parallèle avec Walter Benjamin&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 1 janvier 2021 à 13:42&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l90&quot; &gt;Ligne 90 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 90 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue, poursuit Benjamin, parce qu'elle est un système, est nécessairement distante des autres langues. Le mot français « pain » et le mot allemand « Brot », face au même objet - un pain allemand ou un pain français -, dénotent la même réalité et le français pourra employer le mot « pain » comme l’allemand le mot « Brot », mais l’inverse ne sera pas possible : le francais ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « Brot », et l’allemand ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « pain » ; en tant que système de signes, les langues s’excluent les unes les autres. Il faut, en effet, distinguer le « visé », qui « est à coup sûr le même », dit Benjamin, à savoir l'objet pain, et « le mode de le viser ». « ... dans le mode visée il se trouve que les deux mots signifient quelque chose de séparé pour l’Allemand et le Français, qu’ils ne sont pas pour eux interchangeables, et même en dernière instance tendent à s’exclure ; alors qu’en ce qui concerne le visé, ceux-ci, pris absolument, signifient une même et identique chose » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;]. Exclusive des autres, chaque langue est ''incomplète'', son « mode de viser » est un mode de viser parmi tous les autres ; par là, chaque langue ''complète'' les autres langues. Les langues ne sont donc pas simplement « parentes », elles tendent à s'unir les unes aux autres, chacune portant en son cœur le postulat d’une « langue pure » qui apparaît comme la somme spéculative de toutes les langues. Tel est le fondement de la traductibilité. Cette « langue pure », somme de toutes les langues, constitue l’horizon de toute traduction : « De même que les débris d’une amphore pour être rassemblés, doivent être contigus dans les plus petits détails, sans être pourtant semblables, de même la traduction, au lieu d’imiter le sens de l’original, doit-elle plutôt, dans un mouvement d’amour et jusque dans le détail, s’annexer dans sa propre langue son mode de visé à lui, pour que de cette façon original et traduction soient reconnaissables comme des fragments d’une langue plus grande, de même que les débris comme ceux d’une seule amphore » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 7&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue, poursuit Benjamin, parce qu'elle est un système, est nécessairement distante des autres langues. Le mot français « pain » et le mot allemand « Brot », face au même objet - un pain allemand ou un pain français -, dénotent la même réalité et le français pourra employer le mot « pain » comme l’allemand le mot « Brot », mais l’inverse ne sera pas possible : le francais ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « Brot », et l’allemand ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « pain » ; en tant que système de signes, les langues s’excluent les unes les autres. Il faut, en effet, distinguer le « visé », qui « est à coup sûr le même », dit Benjamin, à savoir l'objet pain, et « le mode de le viser ». « ... dans le mode visée il se trouve que les deux mots signifient quelque chose de séparé pour l’Allemand et le Français, qu’ils ne sont pas pour eux interchangeables, et même en dernière instance tendent à s’exclure ; alors qu’en ce qui concerne le visé, ceux-ci, pris absolument, signifient une même et identique chose » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;]. Exclusive des autres, chaque langue est ''incomplète'', son « mode de viser » est un mode de viser parmi tous les autres ; par là, chaque langue ''complète'' les autres langues. Les langues ne sont donc pas simplement « parentes », elles tendent à s'unir les unes aux autres, chacune portant en son cœur le postulat d’une « langue pure » qui apparaît comme la somme spéculative de toutes les langues. Tel est le fondement de la traductibilité. Cette « langue pure », somme de toutes les langues, constitue l’horizon de toute traduction : « De même que les débris d’une amphore pour être rassemblés, doivent être contigus dans les plus petits détails, sans être pourtant semblables, de même la traduction, au lieu d’imiter le sens de l’original, doit-elle plutôt, dans un mouvement d’amour et jusque dans le détail, s’annexer dans sa propre langue son mode de visé à lui, pour que de cette façon original et traduction soient reconnaissables comme des fragments d’une langue plus grande, de même que les débris comme ceux d’une seule amphore » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 7&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;D’où la temporalité essentielle de la traduction&lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;. &lt;/del&gt;« toute traduction n’est qu’une manière en quelque sorte provisoire de s’expliquer avec l’étrangeté des langues ». Dans sa visée de la « pure langue », la traduction est provisoire, manifestant tout à la fois la capacité des langues à se compléter et leur incomplétude ; les langues, projetées vers la « pure langue », visant &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;l’horizon de &lt;/del&gt;celle-ci, se transforment en permanence et se complètent en permanence : « de même que le ton et la signification des grandes œuvres littéraires se transforment totalement avec les siècles, de même se transforme aussi la langue maternelle du traducteur. Oui, pendant que la parole de l’écrivain perdure dans ce qui lui est propre, c’est le destin même de la plus grande traduction de disparaître dans la croissance de sa langue, de sombrer dans son renouveau. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;D’où la temporalité essentielle de la traduction &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;: &lt;/ins&gt;« toute traduction n’est qu’une manière en quelque sorte provisoire de s’expliquer avec l’étrangeté des langues ». Dans sa visée de la « pure langue », la traduction est provisoire, manifestant tout à la fois la capacité des langues à se compléter et leur incomplétude ; les langues, projetées vers la « pure langue », visant celle-ci &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;comme leur horizon&lt;/ins&gt;, se transforment en permanence et se complètent en permanence : « de même que le ton et la signification des grandes œuvres littéraires se transforment totalement avec les siècles, de même se transforme aussi la langue maternelle du traducteur. Oui, pendant que la parole de l’écrivain perdure dans ce qui lui est propre, c’est le destin même de la plus grande traduction de disparaître dans la croissance de sa langue, de sombrer dans son renouveau. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction n’a donc rien à voir avec la reproduction ou la copie. Celles-ci ne sont pas les conditions de la traductibilité. La traduction ne consiste pas à parcourir un chemin, déjà tracé, allant d’une langue à l’autre&lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;, &lt;/del&gt;elle ne consiste pas non plus à découvrir un tel chemin, mais bien plutôt à l’inventer, à le construire de manière éphémère.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;La traduction n’a donc rien à voir avec la reproduction ou la copie. Celles-ci ne sont pas les conditions de la traductibilité. La traduction ne consiste pas à parcourir un chemin, déjà tracé, allant d’une langue à l’autre &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;; &lt;/ins&gt;elle ne consiste pas non plus à découvrir un tel chemin, mais bien plutôt à l’inventer, à le construire de manière éphémère.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Gramsci n’a pas connu Benjamin et n’a, pour ce qu’on en sait, jamais lu ''La tâche du traducteur'', comme il n’a pas lu non plus ''The Problem of Meaning in Primitive Languages'', l’essai de Malinowski publié lui aussi en 1923. Pourtant, comme l’a montré Derek Boothman, la conception gramscienne du langage, telle qu’elle était déjà exposée, quelques années plus tôt, dans [[Gramsci et la querelle de l’espéranto | ses textes contre les langues artificielles]], partage avec celle de Malinowski ce que celui-ci formalisera sous le concept de « contexte de situation », à savoir la conviction qu’une langue ne peut être isolée, dans aucune de ses dimensions, de son contexte social, des « usages » qui constituent ce que lui, Gramsci, appellera dans les ''Cahiers de prison'', le [[Le langage comme paradigme |« conformisme linguistique »]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Gramsci n’a pas connu Benjamin et n’a, pour ce qu’on en sait, jamais lu ''La tâche du traducteur'', comme il n’a pas lu non plus ''The Problem of Meaning in Primitive Languages'', l’essai de Malinowski publié&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;, &lt;/ins&gt;lui aussi&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;, &lt;/ins&gt;en 1923. Pourtant, comme l’a montré Derek Boothman, la conception gramscienne du langage, telle qu’elle était déjà exposée, quelques années plus tôt, dans [[Gramsci et la querelle de l’espéranto | ses textes contre les langues artificielles]], partage avec celle de Malinowski ce que celui-ci formalisera sous le concept de « contexte de situation », à savoir la conviction qu’une langue ne peut être isolée, dans aucune de ses dimensions, de son contexte social, des « usages » qui constituent ce que lui, Gramsci, appellera dans les ''Cahiers de prison'', le [[Le langage comme paradigme |« conformisme linguistique »]].&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;De la même manière, on doit souligner, ici, l’écho que la philosophie de la traduction développée par Walter Benjamin fait à la démarche de Gramsci. Tout se passe comme si Gramsci « renversait » la « pure langue » benjaminienne comme il s’efforçait de « renverser » l’historicisme spéculatif de Croce, ou comme Marx avait renversé la philosophie spéculative de Hegel. La somme spéculative de toutes les langues, que postule chaque langue, dans son incomplétude essentielle, et qui fonde la « traductibilité » ''a priori'' de toute langue, définissant la traduction comme création et non reproduction ou copie, devient, chez Gramsci, la ''praxis'', c’est-à-dire le procès dans lequel se construisent les correspondances, les échos entre communautés humaines que la vie en mouvement de celles-ci entretient, le procès dans lequel se construit la traductibilité concrète des langues entre elles et, parce que toute langue est plus qu’une langue, la traductibilité des communautés humaines, des « blocs historiques » entre eux.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;De la même manière, on doit souligner, ici, l’écho que la philosophie de la traduction développée par Walter Benjamin fait à la démarche de Gramsci. Tout se passe comme si Gramsci « renversait » la « pure langue » benjaminienne comme il s’efforçait de « renverser » l’historicisme spéculatif de Croce, ou comme Marx avait renversé la philosophie spéculative de Hegel. La somme spéculative de toutes les langues, que postule chaque langue, dans son incomplétude essentielle, et qui fonde la « traductibilité » ''a priori'' de toute langue, définissant la traduction comme création et non reproduction ou copie, devient, chez Gramsci, la ''praxis'', c’est-à-dire le procès dans lequel se construisent les correspondances, les échos entre communautés humaines que la vie en mouvement de celles-ci entretient, le procès dans lequel se construit la traductibilité concrète des langues entre elles et, parce que toute langue est plus qu’une langue, la traductibilité des communautés humaines, des « blocs historiques » entre eux.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=706&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* Le parallèle avec Walter Benjamin */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=706&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2021-01-01T13:37:35Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;Le parallèle avec Walter Benjamin&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 1 janvier 2021 à 13:37&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l88&quot; &gt;Ligne 88 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 88 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue, poursuit Benjamin, parce qu'elle est un système, est nécessairement distante des autres langues. Le mot français « pain » et le mot allemand « Brot », face au même objet - un pain allemand ou un pain français -, dénotent la même réalité et le français pourra employer le mot « pain » comme l’allemand le mot « Brot », mais l’inverse ne sera pas possible : le francais ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « Brot », et l’allemand ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « pain » ; en tant que système de signes, les langues s’excluent les unes les autres. &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;C’est qu’il &lt;/del&gt;faut distinguer le « visé », qui « est à coup sûr le même », dit Benjamin, à savoir l'objet pain, et « le mode de le viser ». &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;« En effet, &lt;/del&gt;dans le mode visée il se trouve que les deux mots signifient quelque chose de séparé pour l’Allemand et le Français, qu’ils ne sont pas pour eux interchangeables, et même en dernière instance tendent à s’exclure ; alors qu’en ce qui concerne le visé, ceux-ci, pris absolument, signifient une même et identique chose » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;]. &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;Chaque langue est  exclusive &lt;/del&gt;des autres, &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;et, par là, &lt;/del&gt;est ''incomplète'', son « mode de viser » est un mode de viser parmi tous les autres ; &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;chaque langue, &lt;/del&gt;par là &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;aussi&lt;/del&gt;, ''complète'' les autres langues. Les langues ne sont donc pas simplement « parentes », elles &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;se complètent &lt;/del&gt;les unes &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;les &lt;/del&gt;autres, chacune portant en son cœur le postulat d’une « langue pure » qui apparaît comme la somme spéculative de toutes les langues. Tel est le fondement de la traductibilité. Cette « langue pure », somme de toutes les langues, constitue l’horizon de toute traduction : « De même que les débris d’une amphore pour être rassemblés, doivent être contigus dans les plus petits détails, sans être pourtant semblables, de même la traduction, au lieu d’imiter le sens de l’original, doit-elle plutôt, dans un mouvement d’amour et jusque dans le détail, s’annexer dans sa propre langue son mode de visé à lui, pour que de cette façon original et traduction soient reconnaissables comme des fragments d’une langue plus grande, de même que les débris comme ceux d’une seule amphore » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 7&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue, poursuit Benjamin, parce qu'elle est un système, est nécessairement distante des autres langues. Le mot français « pain » et le mot allemand « Brot », face au même objet - un pain allemand ou un pain français -, dénotent la même réalité et le français pourra employer le mot « pain » comme l’allemand le mot « Brot », mais l’inverse ne sera pas possible : le francais ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « Brot », et l’allemand ne pourra pas, en s’exprimant dans sa langue, employer le mot « pain » ; en tant que système de signes, les langues s’excluent les unes les autres. &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;Il &lt;/ins&gt;faut&lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;, en effet, &lt;/ins&gt;distinguer le « visé », qui « est à coup sûr le même », dit Benjamin, à savoir l'objet pain, et « le mode de le viser ». &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;« ... &lt;/ins&gt;dans le mode visée il se trouve que les deux mots signifient quelque chose de séparé pour l’Allemand et le Français, qu’ils ne sont pas pour eux interchangeables, et même en dernière instance tendent à s’exclure ; alors qu’en ce qui concerne le visé, ceux-ci, pris absolument, signifient une même et identique chose » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;]. &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;Exclusive &lt;/ins&gt;des autres, &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;chaque langue &lt;/ins&gt;est ''incomplète'', son « mode de viser » est un mode de viser parmi tous les autres ; par là, &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;chaque langue &lt;/ins&gt;''complète'' les autres langues. Les langues ne sont donc pas simplement « parentes », elles &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;tendent à s'unir &lt;/ins&gt;les unes &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;aux &lt;/ins&gt;autres, chacune portant en son cœur le postulat d’une « langue pure » qui apparaît comme la somme spéculative de toutes les langues. Tel est le fondement de la traductibilité. Cette « langue pure », somme de toutes les langues, constitue l’horizon de toute traduction : « De même que les débris d’une amphore pour être rassemblés, doivent être contigus dans les plus petits détails, sans être pourtant semblables, de même la traduction, au lieu d’imiter le sens de l’original, doit-elle plutôt, dans un mouvement d’amour et jusque dans le détail, s’annexer dans sa propre langue son mode de visé à lui, pour que de cette façon original et traduction soient reconnaissables comme des fragments d’une langue plus grande, de même que les débris comme ceux d’une seule amphore » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 7&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;D’où la temporalité essentielle de la traduction. « toute traduction n’est qu’une manière en quelque sorte provisoire de s’expliquer avec l’étrangeté des langues ». Dans sa visée de la « pure langue », la traduction est provisoire, manifestant tout à la fois la capacité des langues à se compléter et leur incomplétude ; les langues, projetées vers la « pure langue », visant l’horizon de celle-ci, se transforment en permanence et se complètent en permanence : « de même que le ton et la signification des grandes œuvres littéraires se transforment totalement avec les siècles, de même se transforme aussi la langue maternelle du traducteur. Oui, pendant que la parole de l’écrivain perdure dans ce qui lui est propre, c’est le destin même de la plus grande traduction de disparaître dans la croissance de sa langue, de sombrer dans son renouveau. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;D’où la temporalité essentielle de la traduction. « toute traduction n’est qu’une manière en quelque sorte provisoire de s’expliquer avec l’étrangeté des langues ». Dans sa visée de la « pure langue », la traduction est provisoire, manifestant tout à la fois la capacité des langues à se compléter et leur incomplétude ; les langues, projetées vers la « pure langue », visant l’horizon de celle-ci, se transforment en permanence et se complètent en permanence : « de même que le ton et la signification des grandes œuvres littéraires se transforment totalement avec les siècles, de même se transforme aussi la langue maternelle du traducteur. Oui, pendant que la parole de l’écrivain perdure dans ce qui lui est propre, c’est le destin même de la plus grande traduction de disparaître dans la croissance de sa langue, de sombrer dans son renouveau. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=705&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* Le parallèle avec Walter Benjamin */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=705&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2021-01-01T13:31:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;Le parallèle avec Walter Benjamin&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 1 janvier 2021 à 13:31&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l85&quot; &gt;Ligne 85 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 85 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;En 1923, Walter Benjamin publie « La tâche du traducteur », en préface à sa traduction des ''Tableaux parisiens'' de Baudelaire &amp;lt;ref&amp;gt;Walter Benjamin, ''La tâche du traducteur', Traduit par Martine Broda, https://po-et-sie.fr/wp-content/uploads/2018/10/55_1991_p150_158.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;En 1923, Walter Benjamin publie « La tâche du traducteur », en préface à sa traduction des ''Tableaux parisiens'' de Baudelaire &amp;lt;ref&amp;gt;Walter Benjamin, ''La tâche du traducteur', Traduit par Martine Broda, https://po-et-sie.fr/wp-content/uploads/2018/10/55_1991_p150_158.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Il y développe l’idée que la traduction d’une œuvre littéraire n’a pas pour vocation de transmettre un sens, car la finalité de l’œuvre littéraire n’est pas de communiquer. Ce qui fait qu’un texte est un texte littéraire, une œuvre, est précisément ce qui, en lui, échappe à ce que font tous les autres types de textes. L’œuvre littéraire ne vise pas à transmettre une information, de sorte qu’une traduction qui consisterait à transmettre simplement le sens linguistique du texte, ne transmettrait pas ce dont l’œuvre est véritablement porteuse, mais seulement ce qui, en elle, ne la définit pas comme une œuvre : il s’agirait d’« une transmission inexacte d’un contenu inessentiel » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bref, ce qui distingue l’œuvre littéraire d’un autre texte semble proprement intraduisible ; au fond, demande Benjamin, l’œuvre « admet-elle, […] désire-t-elle même la traduction ? » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce qui importe en premier lieu à celui qui écrit est-il d’être compris, du moins immédiatement et directement ? Cherche-t-il à être compris par ces hommes, ses contemporains, qui, les premiers, liront son œuvre ? Cherche-t-il, même, à être compris de l’humanité entière ? Ce à quoi il s’adresse, n’est-ce pas à un absolu qui dépasse l’humanité même ? « C’est ainsi qu’on aurait le droit de parler d’une vie ou d’un instant inoubliables, même si tous les hommes les avaient oubliés. Car si leur essence exigeait qu’on ne pût les oublier, ce prédicat ne serait rien de faux, mais seulement une exigence à laquelle les hommes ne pourraient répondre, et en même temps tout aussi bien le renvoi à un domaine où réponse lui serait donnée : un souvenir de Dieu. Il resterait à évaluer en réponse la traductibilité des créations de langue, même si elles étaient intraduisibles pour les hommes. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 2&amp;lt;/ref&amp;gt;. L’œuvre littéraire est telle car elle postule sa lisibilité fondamentale, qui est comme sa lisibilité par Dieu et pour Dieu, indépendante de la langue particulière et des circonstances déterminées dans lesquelles elle est créée. Cette lisibilité pour Dieu constitue le « rapport le plus intime entre les langues », rapport en lui-même inaccessible, mais toujours &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;là&lt;/del&gt;, y compris dans la situation d’intraductibilité apparemment la plus définitive.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Il y développe l’idée que la traduction d’une œuvre littéraire n’a pas pour vocation de transmettre un sens, car la finalité de l’œuvre littéraire n’est pas de communiquer. Ce qui fait qu’un texte est un texte littéraire, une œuvre, est précisément ce qui, en lui, échappe à ce que font tous les autres types de textes. L’œuvre littéraire ne vise pas à transmettre une information, de sorte qu’une traduction qui consisterait à transmettre simplement le sens linguistique du texte, ne transmettrait pas ce dont l’œuvre est véritablement porteuse, mais seulement ce qui, en elle, ne la définit pas comme une œuvre : il s’agirait d’« une transmission inexacte d’un contenu inessentiel » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bref, ce qui distingue l’œuvre littéraire d’un autre texte semble proprement intraduisible ; au fond, demande Benjamin, l’œuvre « admet-elle, […] désire-t-elle même la traduction ? » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce qui importe en premier lieu à celui qui écrit est-il d’être compris, du moins immédiatement et directement ? Cherche-t-il à être compris par ces hommes, ses contemporains, qui, les premiers, liront son œuvre ? Cherche-t-il, même, à être compris de l’humanité entière ? Ce à quoi il s’adresse, n’est-ce pas à un absolu qui dépasse l’humanité même ? « C’est ainsi qu’on aurait le droit de parler d’une vie ou d’un instant inoubliables, même si tous les hommes les avaient oubliés. Car si leur essence exigeait qu’on ne pût les oublier, ce prédicat ne serait rien de faux, mais seulement une exigence à laquelle les hommes ne pourraient répondre, et en même temps tout aussi bien le renvoi à un domaine où réponse lui serait donnée : un souvenir de Dieu. Il resterait à évaluer en réponse la traductibilité des créations de langue, même si elles étaient intraduisibles pour les hommes. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 2&amp;lt;/ref&amp;gt;. L’œuvre littéraire est telle car elle postule sa lisibilité fondamentale, qui est comme sa lisibilité par Dieu et pour Dieu, indépendante de la langue particulière et des circonstances déterminées dans lesquelles elle est créée. Cette lisibilité pour Dieu constitue le « rapport le plus intime entre les langues », rapport en lui-même inaccessible, mais toujours &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;présent&lt;/ins&gt;, y compris dans la situation d’intraductibilité apparemment la plus définitive.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=704&amp;oldid=prev</id>
		<title>Gustofango : /* Le parallèle avec Walter Benjamin */</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.gramscipedia.org/index.php?title=Traduction_et_traductibilit%C3%A9_chez_Gramsci&amp;diff=704&amp;oldid=prev"/>
		<updated>2021-01-01T13:30:32Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span dir=&quot;auto&quot;&gt;&lt;span class=&quot;autocomment&quot;&gt;Le parallèle avec Walter Benjamin&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;table class=&quot;diff diff-contentalign-left&quot; data-mw=&quot;interface&quot;&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-marker&quot; /&gt;
				&lt;col class=&quot;diff-content&quot; /&gt;
				&lt;tr class=&quot;diff-title&quot; lang=&quot;fr&quot;&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;← Version précédente&lt;/td&gt;
				&lt;td colspan=&quot;2&quot; style=&quot;background-color: #fff; color: #222; text-align: center;&quot;&gt;Version du 1 janvier 2021 à 13:30&lt;/td&gt;
				&lt;/tr&gt;&lt;tr&gt;&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot; id=&quot;mw-diff-left-l85&quot; &gt;Ligne 85 :&lt;/td&gt;
&lt;td colspan=&quot;2&quot; class=&quot;diff-lineno&quot;&gt;Ligne 85 :&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;=== Le parallèle avec Walter Benjamin ===&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;En 1923, Walter Benjamin publie « La tâche du traducteur », en préface à sa traduction des ''Tableaux parisiens'' de Baudelaire &amp;lt;ref&amp;gt;Walter Benjamin, ''La tâche du traducteur', Traduit par Martine Broda, https://po-et-sie.fr/wp-content/uploads/2018/10/55_1991_p150_158.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;En 1923, Walter Benjamin publie « La tâche du traducteur », en préface à sa traduction des ''Tableaux parisiens'' de Baudelaire &amp;lt;ref&amp;gt;Walter Benjamin, ''La tâche du traducteur', Traduit par Martine Broda, https://po-et-sie.fr/wp-content/uploads/2018/10/55_1991_p150_158.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;−&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #ffe49c; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Il y développe l’idée que la traduction d’une œuvre littéraire n’a pas pour vocation de transmettre un sens, car la finalité de l’œuvre littéraire n’est pas de communiquer. Ce qui fait qu’un texte est un texte littéraire, une œuvre, est précisément ce qui, en lui, échappe à ce que font tous les autres types de textes. L’œuvre littéraire ne vise pas à transmettre une information, de sorte qu’une traduction qui consisterait à transmettre simplement le sens linguistique du texte, ne transmettrait pas ce dont l’œuvre est véritablement porteuse, mais seulement ce qui, en elle, ne la définit pas comme une œuvre : il s’agirait d’« une transmission inexacte d’un contenu inessentiel » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bref, ce qui distingue l’œuvre littéraire d’un autre texte semble proprement intraduisible ; au fond, demande Benjamin, l’œuvre « admet-elle, […] désire-t-elle même la traduction ? » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce qui importe en premier lieu à celui qui écrit est-il d’être compris, du moins immédiatement et directement ? Cherche-t-il à être compris par ces hommes, ses contemporains, qui, les premiers, liront son œuvre ? Cherche-t-il, même, à être compris de l’humanité entière ? Ce à quoi il s’adresse, n’est-ce pas à un absolu qui dépasse l’humanité même ? « C’est ainsi qu’on aurait le droit de parler d’une vie ou d’un instant inoubliables, même si tous les hommes les avaient oubliés. Car si leur essence exigeait qu’on ne pût les oublier, ce prédicat ne serait rien de faux, mais seulement une exigence à laquelle les hommes ne pourraient répondre, et en même temps tout aussi bien le renvoi à un domaine où réponse lui serait donnée : un souvenir de Dieu. Il resterait à évaluer en réponse la traductibilité des créations de langue, même si elles étaient intraduisibles pour les hommes. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 2&amp;lt;/ref&amp;gt;. L’œuvre littéraire est telle car elle postule sa lisibilité fondamentale, qui est comme sa lisibilité par Dieu et pour Dieu, indépendante de la langue particulière et des circonstances déterminées dans lesquelles elle est créée. Cette lisibilité pour Dieu &lt;del class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;est &lt;/del&gt;le « rapport le plus intime entre les langues », rapport en lui-même inaccessible, mais toujours là, y compris dans la situation d’intraductibilité apparemment la plus définitive.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt;+&lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #a3d3ff; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Il y développe l’idée que la traduction d’une œuvre littéraire n’a pas pour vocation de transmettre un sens, car la finalité de l’œuvre littéraire n’est pas de communiquer. Ce qui fait qu’un texte est un texte littéraire, une œuvre, est précisément ce qui, en lui, échappe à ce que font tous les autres types de textes. L’œuvre littéraire ne vise pas à transmettre une information, de sorte qu’une traduction qui consisterait à transmettre simplement le sens linguistique du texte, ne transmettrait pas ce dont l’œuvre est véritablement porteuse, mais seulement ce qui, en elle, ne la définit pas comme une œuvre : il s’agirait d’« une transmission inexacte d’un contenu inessentiel » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 1&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bref, ce qui distingue l’œuvre littéraire d’un autre texte semble proprement intraduisible ; au fond, demande Benjamin, l’œuvre « admet-elle, […] désire-t-elle même la traduction ? » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ce qui importe en premier lieu à celui qui écrit est-il d’être compris, du moins immédiatement et directement ? Cherche-t-il à être compris par ces hommes, ses contemporains, qui, les premiers, liront son œuvre ? Cherche-t-il, même, à être compris de l’humanité entière ? Ce à quoi il s’adresse, n’est-ce pas à un absolu qui dépasse l’humanité même ? « C’est ainsi qu’on aurait le droit de parler d’une vie ou d’un instant inoubliables, même si tous les hommes les avaient oubliés. Car si leur essence exigeait qu’on ne pût les oublier, ce prédicat ne serait rien de faux, mais seulement une exigence à laquelle les hommes ne pourraient répondre, et en même temps tout aussi bien le renvoi à un domaine où réponse lui serait donnée : un souvenir de Dieu. Il resterait à évaluer en réponse la traductibilité des créations de langue, même si elles étaient intraduisibles pour les hommes. » &amp;lt;ref&amp;gt;Ibid. p. 2&amp;lt;/ref&amp;gt;. L’œuvre littéraire est telle car elle postule sa lisibilité fondamentale, qui est comme sa lisibilité par Dieu et pour Dieu, indépendante de la langue particulière et des circonstances déterminées dans lesquelles elle est créée. Cette lisibilité pour Dieu &lt;ins class=&quot;diffchange diffchange-inline&quot;&gt;constitue &lt;/ins&gt;le « rapport le plus intime entre les langues », rapport en lui-même inaccessible, mais toujours là, y compris dans la situation d’intraductibilité apparemment la plus définitive.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;Toute langue postulant sa lisibilité « pour Dieu », les langues sont toutes parentes. Si l’on réintroduit ici cet autre théoricien important de la traduction, contemporain de Benjamin et de Gramsci, Bronislaw Malinowski, sans doute peut-on dire, dans le droit fil de la démarche de Benjamin, que la langue des pêcheurs mélanésiens des îles Trobriand et les langues polonaise ou anglaise de Malinowski sont ''a priori'' parentes, ce qui est également une manière de dire que n’importe quel homme, lui-même locuteur d’une langue, peut comprendre et apprendre une autre langue, aussi distante de la sienne soit-elle.&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;td class='diff-marker'&gt; &lt;/td&gt;&lt;td style=&quot;background-color: #f8f9fa; color: #222; font-size: 88%; border-style: solid; border-width: 1px 1px 1px 4px; border-radius: 0.33em; border-color: #eaecf0; vertical-align: top; white-space: pre-wrap;&quot;&gt;&lt;div&gt;[[Fichier:Walter Benjamin.jpg|vignette|Walter Benjamin vers 1928 (source Wikipedia)]]&lt;/div&gt;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/table&gt;</summary>
		<author><name>Gustofango</name></author>
		
	</entry>
</feed>