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Gramsci et le Chant X de l’Enfer

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En 1931, Gramsci écrit, en prison, un commentaire du Chant X de l’Enfer de Dante - les § 78 à 87 du cahier 4 des Cahiers de prison - et demande à son ami Piero Sraffa, via sa belle-sœur Tania, avec laquelle il est en correspondance régulière, de retrouver leur ancien maître commun, Umberto Cosmo, spécialiste reconnu de Dante, à qui il souhaite soumettre son travail. Gramsci, qui pense avoir fait une « petite découverte », veut, naturellement, connaître l’avis d’un spécialiste tel que Cosmo, mais aussi prendre des nouvelles de celui-ci, qui avait été pour lui, plus qu’un maître, un ami, avec lequel il s’était fâché, puis réconcilié au début des années 1920.

Sraffa retrouvera Umberto Cosmo et lui soumettra le texte de Gramsci, c’est-à-dire le résumé que celui-ci fait de ses notes dans une lettre à Tania. Cosmo répondra, par le biais de Sraffa et Tania, tout le bien qu’il pense du commentaire de Gramsci à qui il donnera divers conseils pour transformer ces notes en une véritable étude. Gramsci déclinera la suggestion, expliquant avec un peu d’ironie qu’il n’était pas dans les meilleures conditions pour rédiger une telle étude et, surtout, qu’il n’avait jamais eu l’intention de devenir un « dantista ».

Un protagoniste supplémentaire s’insère dans le processus : Palmiro Togliatti, principal dirigeant du PCI, à la tête duquel il a succédé à Gramsci, et l’un des principaux dirigeants de la IIIe Internationale, le fameux « Komintern ». Togliatti, à qui Sraffa avait communiqué la lettre de Gramsci que lui avait transmise Tania, indiquait au prisonnier, toujours via Sraffa et Tania, qu’il avait retrouvé ce même commentaire du Chant X de l’Enfer déjà esquissé dans une chronique du début de 1918 écrite par Gramsci pour Il Grido del Popolo, le quotidien socialiste de Turin. Togliatti envoyait ainsi un signe à Gramsci, qu’il n’avait plus revu depuis l’arrestation de celui-ci en novembre 1926. Cette apparition de Togliatti dans l’échange sur Dante a conduit les commentateurs à voir dans la lecture gramscienne du Chant X de l’Enfer un contenu politique et personnel caché, en écho aux désaccords que Gramsci avait avec Togliatti au moment de son arrestation en 1926.

Ce qu’on pourrait appeler « L’affaire du Chant X de l’Enfer » pose ainsi toute une série de questions : quelle était la « petite découverte » que Gramsci pensait avoir faite à propos de ce Chant X ? Pourquoi était-il important pour lui de reprendre contact avec Cosmo ? Pourquoi Togliatti s’immisce-t-il dans l’échange ? Quel peut être, enfin, le contenu « crypté » du commentaire du Chant X par Gramsci ?

Le Chant X de l’Enfer

Farinata et Cavalcante (Boowiki)

Le chant X de l'enfer voit Dante et Virgile atteindre le sixième cercle de l’Enfer, là où se trouvent les hérétiques et les épicuriens. Ils y rencontrent l’esprit de Farinata degli Uberti, chef des gibelins, vainqueur des guelfes à la bataille de Montaperti, qui se dresse, fier et hautain, devant Dante en qui il a reconnu, à son langage, un florentin, et à qui il demande, « quasi sdegnoso », à quelle famille il appartient. Dante ne lui cache pas que sa famille, qui est guelfe, l’a toujours considéré, lui Farinata, comme un ennemi. C’est alors qu’apparaît, surgissant du même tombeau, l’esprit de Cavalcante Cavalcanti, philosophe épicurien dont le fils Guido, ami de Dante, a épousé la fille de Farinata. Cavalcante, dont toute l’attitude montre l’angoisse extrême qui l’étreint, veut savoir si son fils est vivant et, en entendant Dante parler de lui au passé, s’effondre, désespéré. Farinata fait ensuite comprendre à Dante qu’il connaîtra bientôt lui-même l’exil. Dante lui demande alors s’il est vrai qu’il dispose, là où il est, de la faculté de voir l’avenir, mais que le présent lui est caché. « Nous voyons, comme ceux qui n’ont pas de bons yeux, les choses qui sont lointaines, confirme Farinata, c’est ainsi que Dieu nous donne sa lumière. Notre intellect est vain pour tout ce qui est proche ou présent... »[1]

La « petite découverte » de Gramsci

« Le dixième chant est traditionnellement le chant de Farinata […]. Moi je soutiens que dans le dixième chant deux drames sont représentés, celui de Farinata et celui de Cavalcante, et pas seulement celui de Farinata », explique Gramsci dans la lettre à Tania du 20 septembre 1931 [2] où il résume, à l’intention de Cosmo, son analyse du chant X. La « legge del contrappasso », la loi du talion, à laquelle sont soumis les damnés, est bien la même pour Farinata et pour Cavalcante : parce qu’ils ont cherché à voir dans l’avenir, ils sont privés de la connaissance du présent ; « ils vivent au centre d’un cône d’ombre d’où ils voient dans le passé au-delà d’une certaine limite et dans l’avenir au-delà d’une limite équivalente » [3]. Quand ils s’adressent à Dante, ils savent que Guido est vivant dans le passé et mort dans le futur, mais dans le « cône d’ombre », c’est-à-dire dans le présent, « est-il mort ou vivant ? ». Ils ne le savent pas et cette connaissance leur est interdite.

Cependant, fait remarquer Gramsci, si le châtiment est le même pour les deux damnés, le « vrai puni », dans le chant X, n’est pas Farinata, mais Cavalcante : c’est ce dernier, en effet, qui est frappé de la manière la plus personnelle lorsqu’il croit apprendre, en entendant Dante parler de son fils au passé, que ce dernier est mort, actuellement mort. Cavalcante vit directement la perte de son fils, son vrai châtiment est sa douleur de père. Farinata participe de ce même châtiment, mais en tant que beau-père, et, par là, avec moins d’intensité sur le plan personnel. C’est ce qui lui permet de continuer à défier, par son attitude orgueilleuse, les tourments de l’enfer : « Farinata, entendant parler florentin, redevient l’homme de parti, le héros gibelin ; Cavalcante au contraire ne pense qu’à Guido et en entendant parler florentin, se redresse pour savoir si Guido est, en ce moment, vivant ou mort... » [4].

A Cavalcante, qui l’interpelle, Dante répond : « celui qui attend là me mène vers quelqu’un que votre Guido eut peut-être en mépris » [5]. Guido Cavalcanti avait en effet la réputation d’être un homme hautain et dédaigneux, et, comme le note Gramsci, la critique traditionnelle s’est fixée, ici, sur le « disdegno di Guido », ce qui a eu pour conséquence que, dans la seconde partie du chant, c’est la prédiction de l’exil futur de Dante par Farinata qui a été considérée comme le point le plus important, alors que, selon Gramsci, ce que raconte le chant, c’est bien plutôt la condamnation à l’ignorance du présent, laquelle prend directement, pour Cavalcante, la forme de la douleur de la perte actuelle de son fils. Dans la réponse de Dante à Cavalcante : « cui Guido vostro ebbe a disdegno », le mot important n’est pas, affirme Gramsci, « disdegno », comme le veut la tradition, mais « ebbe », le verbe au passé.

Telle est la « petite découverte » revendiquée par Gramsci, et qu’il avait faite, dans son principe, bien plus tôt, comme on va le voir. Dans les notes du Cahier 4, Gramsci oppose son analyse directement à celle développée par Benedetto Croce, lequel avait fait paraître en 1921 La poesia di Dante, livre dès lors au centre du débat sur Dante. Croce distinguait, dans la Divine Comédie, ce qui relevait de la « structure », c’est-à-dire la « géographie physique et morale » de l’autre monde, avec ses cercles, ses paysages tourmentés, le parcours qu’y suit Dante guidé par Virgile, et la poésie proprement dite : chez Dante, soutenait Croce, la poésie ne naît pas de la structure, elle s’y ajoute par sa propre force, comme la végétation qui pousse entre les pierres d’une forteresse et finit par masquer celle-ci. Gramsci refuse cette distinction : ici, la structure même est poésie, comme le montre, à ses yeux, le récit de la douleur de Cavalcante.

Umberto Cosmo

Umberto Cosmo, à qui Gramsci souhaite soumettre sa « découverte », avait été écarté de l’enseignement par le « régime », condamné au confinement puis amnistié. Il vivait difficilement dans un grand isolement, mais avait fait paraître en 1930 une Vita di Dante, qui avait précisément donné envie à Gramsci de reprendre contact avec lui. Sraffa le retrouve donc et lui communique le commentaire du chant X proposé par Gramsci dans sa lettre à Tania. Cosmo confirmera, quelques mois plus tard, l’intérêt de l’interprétation de Gramsci et engagera celui-ci à l’approfondir. A quoi le prisonnier répondra, toujours, naturellement, via Tania et Sraffa, qu’il n’est pas question pour lui d’aller plus loin dans l’exégèse de Dante : il n’est pas dans les conditions nécessaires pour le faire et, surtout, il n’a pas l’intention de devenir lui-même un spécialiste en « danterie ».

Umberto Cosmo (Wikipedia)

Dès lors, une question se pose, qui a intrigué nombre de commentateurs et suscité un large débat toujours en cours aujourd’hui : si Gramsci n’avait pas l’intention d’aller au-delà des notes du Cahier 4 et du résumé qu’il en fait dans sa lettre à Tania, alors même qu’il pense avoir fait une « petite découverte », dont Cosmo lui confirme l’intérêt, pourquoi exactement s’est-il lancé dans cette étude dantesque ? D’autant qu’il interrompt, pour la mener, le travail dans lequel il était plongé : les paragraphes 78 à 87 du Cahier 4 apparaissent, en effet, comme une parenthèse dans les « Notes de philosophie » rédigées alors par Gramsci. A quelle intention répondait cette interruption ?

On peut, sans doute, n’y voir qu’un effet de la contingence liée à une réflexion menée en prison, sans perspective concrète de publication ou de carrière. Gramsci lit la « Vie de Dante » que Cosmo publie en 1930, il y trouve des accents religieux qui le surprennent de la part de Cosmo et, intrigué, veut savoir comment cet ancien ami, avec lequel il s’était déjà fâché, évolue : deviendrait-il bigot ? Il utilise alors sa propre réflexion sur Dante comme prétexte pour demander à Sraffa de retrouver Cosmo. Un élément, cependant, dérange cette lecture immédiate : l’intervention dans l’affaire d’un autre protagoniste, à savoir Palmiro Togliatti.

Togliatti

Celui-ci, en 1931, est le principal dirigeant du PCI, à la tête duquel il a succédé à Gramsci. Il est aussi un acteur très en vue de l’Internationale communiste. Il a été très proche de Gramsci, qu’il a rencontré à l’Université de Turin au début des années 1910, avec lequel il a créé en 1919 la revue L’Ordine Nuovo ; il a partagé les conceptions et l’action politiques de Gramsci lorsque celui-ci est devenu le premier dirigeant du PCI en 1924. En 1926, cependant, peu avant l’arrestation de Gramsci, leurs liens se sont distendus : Togliatti ne veut pas suivre Gramsci dans la position critique que celui-ci adopte à l’égard des dirigeants soviétiques, dont il n’approuve pas la manière de régler la question de la succession de Lénine à la tête de l’URSS ; Gramsci reproche à Togliatti une tendance à la précipitation dans le jugement et ce qui lui apparaît, plus généralement, comme une certaine faiblesse de caractère.

Or, fin 1931, Togliatti va intervenir directement dans les échanges entre Gramsci et Cosmo, via Sraffa et Tania. Sraffa, en effet, lui a communiqué le résumé de l’analyse du Chant X transmis à Cosmo et Togliatti fait répondre à Gramsci qu’il se souvient avoir lui-même entendu une telle analyse en 1918, mais qu’il ne sait plus si c’était de la bouche de Gramsci ou d’autres interlocuteurs. Gramsci précisera très vite à Tania, qui transmettra à Sraffa, lequel transmettra à Togliatti, que l’article auquel pense celui-ci était bien de lui. Un peu plus tard, et alors que Gramsci a déjà répondu à Cosmo qu’il n’a pas l’intention de finir en spécialiste de Dante, Sraffa lui fait savoir que Togliatti, après recherche, a retrouvé le fameux article de 1918 : il s’agissait de l’une des chroniques que Gramsci écrivait alors pour le journal socialiste de Turin, Il Grido del Popolo, dans le cadre d’une rubrique intitulée Sotto la Mole. Gramsci, du reste, n’avait pas oublié l’article en question puisqu’il le rappelait lui-même dans la note 85 du Cahier 4.

« Tirésias l’aveugle »

Tirésias l'aveugle (Dimitris Avramidis)

La chronique de 1918 pour le « Grido », portait le titre de « Tiresias l’aveugle ». Gramsci y évoquait le drame étrange rapporté par la presse et vécu par deux enfants, un garçon d’Ostria dans les Marches et une fillette de Turin, qui avaient soudainement perdu la vue après avoir prophétisé que la guerre finirait avant la fin de l’année 1918. Il s’agissait, pour Gramsci, d’une rumeur populaire qui avait spontanément renoué avec le mythe du devin aveugle – Tirésias -, que Gramsci rapproche, ici, de celui de Cassandre, qui sait l’avenir, mais que nul n’écoute, ainsi que du terrible malheur vécu par Cavalcante au Chant X de l’Enfer. La poésie populaire disait de manière directe, sans « réflexion ni raisonnment », en mettant en jeu le corps concret, celui de Tirésias et celui des petits « prophètes » de 1918, la même chose que disait, mais « après un examen critique », la poésie cultivée du mythe de Cassandre ou du Dante de l’Enfer : celui qui, depuis le « cône d’ombre » où il se trouve, voit dans le passé et dans l’avenir « au-delà d’une certaine limite », est puni par l’impossibilité de connaître le présent.

L’échange avec Togliatti

On a vu [Angelo Rossi, Giuseppe Vacca, Gramsci tra Mussolini e Stalin, Fazi Editore, 2007, pp. 38-45] dans cet échange à cinq - Gramsci, Tania, Sraffa, Cosmo et Togliatti - une véritable communication politique. Le PCI venait, entre 1929 et 1931, de rompre, sous la pression stalinienne, avec la ligne politique incarnée par Gramsci ; Togliatti avait été l’artisan de ce virage. Gramsci, par l’évocation du Chant X de l’Enfer, lui faisait savoir à la fois son désaccord et son désarroi : comme Cavalcante, il connaissait le passé et prévoyait les conséquences funestes que ce changement de ligne pourrait avoir sur le sort du parti, lequel, pour lui qui l’avait dirigé, était comme un fils. Mais, en prison et en manque d’information, il était enfermé dans un « cône d’ombre » où la connaissance du présent lui était refusée. Togliatti, en lui indiquant qu’il avait cherché et retrouvé son article de 1918, lui faisait savoir qu’il avait bien compris le message. C’est là ce que voulait souligner Sraffa en demandant à Tania d’informer Gramsci de la démarche de Togliatti à propos du Chant X et en ajoutant que « ce souvenir [l’]amusera certainement ».

Réconciliation ou rupture ?

L’épisode du Chant X s’inscrit ainsi dans le débat sans fin auquel ont donné lieu les rapports compliqués de Gramsci et Togliatti. On l’a dit, au moment de l’arrestation de Gramsci, un désaccord politique était apparu entre les deux hommes, jusque là très proches. A la suite du changement de ligne politique imposé par l’Internationale communiste, mais aussi à la suite des échecs des tentatives de libération faites pour sortir Gramsci de prison, à la suite de divers épisodes qu’on ne peut développer ici, ce désaccord s’est transformé, du côté de Gramsci, en méfiance à l’égard de ses propres amis du PCI et de Togliatti en particulier.

Togliatti, cependant, est aussi celui sans lequel seuls quelques historiens spécialistes du PCI connaîtraient aujourd’hui Gramsci : c’est lui, en effet, qui publie les « Lettres de prison » et les fameux « Cahiers ». Certes, il le fait pour des raisons éminemment politiques, mais il n’en était pas moins convaincu – à tort ou à raison, ce n’est pas ici le lieu d’en discuter - d’être fidèle à la pensée de Gramsci, et les liens affectifs qu’il a entretenus avec celui-ci, avant comme après son arrestation et jusqu’à sa propre disparition, ont toujours été, dans leur ambiguïté même, incontestablement très forts.

La recherche biographique sur Gramsci suscite des débats très italo-centrés, et toujours déterminés par certains aspects de la vie politique italienne de la seconde moitié du 20e siècle, en particulier par l’affrontement très vif entre soutiens et opposants à l’ancien PCI. C’est ainsi qu’un courant d’interprétation plutôt proche des adversaires du PCI a voulu voir dans l’épisode du Chant X le signe d’une véritable rupture de Gramsci avec ses amis et, au premier chef, avec Togliatti : en s’identifiant à Cavalcante, Gramsci aurait protesté contre la manière dont ses propres amis le traitaient, le privant d’information et le tenant à l’écart. Un tel courant interprétatif a pu aller jusqu’à l’idée « complotiste » que Togliatti serait responsable, sinon de l’arrestation de Gramsci, du moins de son maintien en prison [voir : Noemi Ghetti, Gramsci nel cieco carcere degli eretici, L’Asino d’oro edizioni, Roma, 2014]. Ce courant se heurte à un courant largement majoritaire, d’inspiration plutôt proche de l’ancien PCI et pour qui l’épisode du Chant X doit être vu plutôt comme le signe d’une réconciliation, d’un contact renoué entre les deux hommes, au-delà de divergences tenant principalement à une différence de tempérament.

Ces deux courants, qui pêchent l’un et l’autre par la même instrumentalisation de leur objet, font désormais partie de l’histoire de la pensée de Gramsci, laquelle enseigne surtout que, dans la grande complexité à la fois politique et psychologique de la relation entre Gramsci et Togliatti. « rupture » et « réconciliation » ne sont jamais exclusives l’une de l’autre.

On le voit : l’exégèse gramscienne et l’érudition minutieuse qui l’accompagne rejoignent ici, quelquefois jusque dans la démesure, l’exégèse et l’érudition dantesques.

  1. Dante, La Divine Comédie, trad. Jacquelin Risset, Flammarion, 2010, p. 56
  2. Gramsci, Lettres de prison, trad. Hélène Albani, Christian Depuyper, Georges Saro, Gallimard, 1971, édition électronique : http://classiques.uqac.ca/classiques/gramsci_antonio/lettres_de_prison/lettres_de_prison.html, p. 120
  3. Ibid.
  4. Ibid.
  5. Dante, La Divine Comédie, O. C.